Les fanzines de merde

Ho ho, le gros vilain criticateur va encore tirer sur l’ambulance des clochards de la b.d. comme un gros lâche… hé bien non, j’ai plutôt un grand respect pour le support fanzine à partir du moment où il est humblement assumé en tant que tel, et qu’il ne s’agit pas d’une vile ruse de tremplin qui racle le fond des poubelles de l’édition commerciale.

J’ai encore plus de respect pour le support quand il émane d’une sincère démarche underground venant d’auteurs qui pourraient publier ça ailleurs, mais qui par choix de liberté créatrice et par expérience ont compris que les petits tirages sont plus rentables en autoprod.

Il fut un temps où les jeunes auteurs passaient par là et, bé, s’tait l’bon temps m’dame, s’tait mieux avant. Se casser le cul à monter un petit journal avec les outils du bord, ça avait le mérite de faire le tri et démotiver à moyen terme les feignasses qui voulaient juste se marrer entre potes.

Mais ce temps béni est révolu, désormais ces gros branleurs n’ont plus aucun effort à faire grâce à la magie d’internet et la mode du micro-tirage auto-financé qui va avec. C’est donc sur ce terrain facile d’accès que s’ébattent avec joie les pires tocards de la profession, cultivant à la fois culte de la personne et effort minimal, faisant étalage de leur susceptibilité maladive toujours inversement proportionnelle à la qualité de l’oeuvre, de leur vie banale afin d’être dispensé du travail de construire une histoire, le tout sous forme de dessins torchés en cinq minutes, et végétant cloitré dans un minuscule public avec qui l’artiste simule l’intimité faute d’autres moyens de le fidéliser.

Et tout ça bien sûr va très mal finir, tôt ou tard l’artiste finit par en avoir marre de dessiner pour dix personnes, et de coûter plus cher en impression qu’il ne rapporte en ventes.

Narcissiques et susceptibles, ces dessinateurs de troisième zone sont farouchement rétissents à toute forme de critique, ce qui ainsi empêche toute amélioration de leur oeuvre, qui en aurait pourtant cruellement besoin.

Alors que moi d’mon temps, les débutants devaient passer par un chef de fanzine, et accepter d’entendre des remarques comme « cette page là je la prends pas t’as fait de la merde ! » « non mais ho tu comptes faire marrer qui avec cette blague pourrie ? » « les dessins moches purée tu t’es pas foulé, on va pas raquer une impression pour un truc torché à l’arrache ! » , ce qui avait pour vertu d’inciter vivement les connards susceptibles à claquer la porte et aller se faire pendre ailleurs.

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