Manifeste pour l’extermination des fans.

Je tape beaucoup sur les artistes mais le foin souvent insipide autour de leurs personnes ne serait rien sans cette race de sous-homme toujours prêts à raviver la flamme de l’idolâtrie: les fans.

Guide du routard des fan-club à la con du web francophone.

Vous pouvez vous foutre les url au cul, ces gens ont déjà assez de publicité.

– Les fans de real-tv

Très actifs sur la cyber-presse people qui pollue yahoo et le reste du web. Aussi éphémères que leurs idoles, leur fanatisme est peu structuré et fait d’eux des fans aussi inoffensifs que leurs insultes en langage sms.

– Les fans de Star-Wars

Prêts à faire usage de la force de censure brutale, les fans de Star Wars nient avec acharnement l’existence des director cuts, parce qu’il faut bien trouver une cohérence à une histoire réecrite et remontée douze fois et ça serait trop horrible que Georges Lucas se soit foutu de la gueule de ses fidèles. Voyons. C’est pas son genre de poignarder le public dans le dos.

– Les attardés nostalgiques du club dorothée.

On se repasse l’intégrale de Hélène et les Garçons qu’on décortique comme un chef d’oeuvre du septième art. On analyse la biographie de Nicolas et Cri-Cri comme la dynastie des rois de france. On fait les fan-vedettes dans les japan expo en se sentant puissants du fait de nos 20 ans d’écart avec la moyenne d’âge du public. On est prêt à tuer pour un rôle de figurant gratuit chez Azoulay. On joue à la guerre entre les fans d’Hélène qui accusent les fans de Dorothée d’être des homosexuels. Et on a 40 ans. C’est pas la classe ?

– Les fans de Dieudonné

Une sorte de mutation des joueurs de wolfenstein qui ont la faculté de transformer n’importe quel espace web en terrain de chasse virtuelle aux juifs, pour la plus grande consternation de ces derniers, tiraillés entre le mépris et la pitié. Débarquent en meute chez les impies qui ont offensé leur idole et spamment joyeusement du « quenelle » et du « sale youtre » en boucle ce qui ne les fatigue qu’au bout de quelques semaines. Respect putain, faut en vouloir.

– Les fans du journal Hara-Kiri

Quand on idôlatre un canard mort depuis quelques décénnies, et qui s’est naturellement cassé la gueule parce que la clientèle de la potacherie soixante-huitarde est aujourd’hui perle rare qu’on ne trouve plus que dans quelques hospices, on peut donc être suspecté de relents de nécrophilie. Ou devrais-je dire de nécrophagie, puisque, ce fan-club a la particularité d’être une meute de charognards qui se battent pour le cadavre de choron, enfin, pour les restes dont canal+ n’a pas voulu. La chaîne des bobeaufs a eu l’essentiel de la barbaque: son public et le cul de sa fille. Que reste-t-il à becter alors sur la dépouille ? Pas grand chose sinon la disgrâce d’idolâtrer un escroc, voyou de la légion parachutiste, alcoolique, violent, raciste, misogyne, et que personne ne pouvait blairer. Une idole à la hauteur de ses fans, donc. Le fan moyen de choron est généralement un journaliste de troisième zone qui trouve une pije tous les dix ans et rêve lui aussi d’arnaquer un milieu qui l’a si peu nourri. Planqués derrière des excuse d’extrême-droite ou d’extrême-gauche (souvent les deux en même temps) pour se donner des postures guerrières, ces loosers mégalomanes s’imaginent réssusciter le papier potache des années 70 à l’heure où la presse crève doucement sous la concurrence d’internet. On leur souhaite bon courage.

– Les fans de Pierre Desproges

Proches des journalistes ratés précédemment cités, là on est chez les acteurs de troisième zone. Pensent que Desproges est le roi de l’humour, parce que les calembours c’est ce qu’on fait de mieux en matière de bel esprit. Et puis parce que moi d’mon temps on savait rire sur les juifs sans se prendre un procès au cul moi m’dame.

– Les auto-fans

La magie d’internet permet à n’importe qui d’avoir son quart d’heure de gloriole, et même si l’on n’a rien à vendre et à dire, ça n’est pas une raison pour se priver d’être fan de soi-même. Pour attirer quelques blaireaux sur votre blog ou votre compte youtube, ne cherchez surtout pas à raconter quelque chose d’intéressant, usez des méthodes élémentaires d’attention-whorism en misant tout sur le cul, les ragots, et autres sujets bien gras. Une fois constitué un petit noyau dur de fans à la con – n’hésitez pas à ramener vos potes et votre famille pour créer un public artificiel si besoin – vous pouvez vous auto-proclamer petite vedette merdique du web et pourchasser les vilains qui ne se prosternent pas devant l’idole que vous êtes.

– Les fans de bande dessinée

Additionnez les qualités de tous les clubs de connards pré-cités, vous obtenez les fans de b.d.

Psychologie du fan.

Le fan n’est pas spécialement voué à telle chapelle et peut tout à fait descendre en flammes l’artiste qu’il encensait hier. Ce qui définit surtout le fan est sa tendance à demeurer empêtré dans une vieille superstition populaire induite par les médias: les artistes seraient des gens mieux que les gens normaux qui bossent à l’usine. Ou, plus précisément, parce que c’est plus souvent la notoriété que le talent qui trouve grâce aux yeux du fan, les gens connus seraient des gens mieux que les autres. Dans la réalité c’est le contraire, les gens connus sont plus des connards que les autres, mais les fans semblent l’ignorer malgré leur fréquentation assidue des milieux convoités.

Un fan est par définition immature et n’a pas conscience du caractère contre-productif de la survalorisation de l’artiste – ou autre forme de notoriété méritée ou non, puisqu’à l’ère de la real-tv et du porno on peut être une star sans rien savoir foutre de ses dix doigts. Soit il idolâtre un artiste de constitution à peu près normale, c’est à dire modeste, qui ne va pas spécialement apprécier d’être traité comme Patrick Bruel. Soit, et c’est pire, il idolâtre un artiste souffrant de pathologie narcissique, qui va en retour, par sentiment primaire de supériorité, mépriser le fan avec une force égale à son admiration, et ne voir en lui qu’un objet au service de sa gloire. Bref dans les deux cas le fan se fourre la tête dans le cul et il n’aime pas beaucoup qu’on le lui rappelle, ce qui fait de lui l’ennemi mortel juré des critiques, même si lui-même ne se prive pas d’être critique quand ça lui chante, la cohérence étant rarement une vertu chez ces gens là.

Il y’a aussi le cas particulier de l’artiste amateur et/ou raté, honteusement fan de lui-même, qui n’a aucun recul critique sur son travail, et pique des grosses colères de petit chiard vexé dès qu’un copain lui signale une fausse note dans sa chanson ou une erreur de perspective dans son dessin. Celui là est le pire de tous car son auto-idolâtrie honteuse l’oblige à avancer masqué et constemment mentir.

LA MISE A MORT DU CYBER-CRITIQUE

En bon gamin susceptible qu’il est, un fan offensé par une critique sur l’internet va déclencher un protocole de vengeance terrible qui est à peu près toujours le même.

Phase 1: la mauvaise foi. 

Ce sont toujours les mêmes arguments ô combien prévisibles qui reviennent, peu importe le sujet abordé. Mettons par exemple que vous tombez sur un fan de James Cameron, que vous avez profondément offensé en expliquant à quel point vous trouvez son dernier film malhonnête bête facho et nuisible à l’éducation des jeunes. Le fan va pouvoir piocher dans la liste d’arguments de fans tout faits, et involontairement comiques, au choix:

– « les effets spéciaux coûtent cher donc ta gueule »

– « quand tu auras réalisé autant de films que Cameron alors tu auras le droit de critiquer »

– « t’as qu’à parler des films que t’aimes au lieu de parler de ceux que t’aimes pas »

– « si t’aimes pas le film hé ben t’avais qu’à pas regarder le film »

– « moi quand un film est mauvais je le vois dès le générique d’intro et je sors de la salle tout de suite comme ça après je peux pas dire du mal »

Variante: le fan honteux qui affirme « mais je suis même pas fan c’est même pas vrai d’abord alors t’arrêtes de critiquer », la pire de toutes les races car la plus susceptible et malhonnête.

Le fan laisse donc rapidement entendre qu’il n’a en fait rien à dire mais cherche à vous faire chier par tous les moyens possibles pour venger son ego meurtri, ce qui est à peu près l’équivalent d’argumenter avec ses poings, et pour peu qu’il manie les rudiments de la mauvaise foi, il pourra s’offrir un frisson de toute-puissance en jouant sur l’intimidation primaire à l’aide d’élégantes formules de l’ordre de « si t’aimes pas James Cameron va lui dire en face et puis donne nous ton adresse si t’es un homme ».

Ne riez pas, ces gens là existent (et le fait qu’ils existe n’est pas drôle, donc il faut pas rire, cqfd).

Phase 2: le coup de grâce.

Ne croyez pas que se rendre ridicule était la finalité de sa stratégie, ça n’est qu’un moyen de diversion pour parvenir à son objectif réel: vous larguer sur la tronche ce fléau qui fait quotidiennement trembler l’internaute, la bonne vieille bombe de la censure.

La stratégie de chasse du fan dépend totalement des moyens techniques qu’on lui donne, c’est à dire du support d’expression utilisé.

Sur les gros sites du type youtube ou facebook, dits « démocratiques » parce que la foule y est trop nombreuse pour que les admins soient trop souvent juge et partie, la tactique du fan pas content joue donc sur la force du nombre et va consister à cliquer comme des bêtes sur le signalement pour spam ou toute autre accusation qu’on est dispensé de prouver. Au pire les admins ont la flemme de chercher à comprendre et tirent à vue, au mieux, et c’est ce qui se passe la plupart du temps, ce ne sont pas des humains mais des programmes automatiques qui font la police, il suffit donc d’incrémenter leur compteur de délation.

Sur les petits supports d’expression, dits non-démocratiques, la loi est le bon vouloir égoïste du chef. C’est bien souvent le cas des fans-clubs gouvernés par une hiérarchie où les plus fans sont les plus gradés, où chacun se doit de vanter sa collection, son bon goût, les sous qu’il claque en culture de supermarché, et son carnet d’adresses de groupie (si Cameron est dedans, notre critique est donc déjà mort). Comme le veut la netiquette, la liberté d’expression se mérite, et demande un patient effort de pompage du dard de ceux qui ont le pouvoir de censure. Le fan va donc rapidement vous faire comprendre qu’il a plus d’ancienneté que vous dans le léchage de cul des admins, tout fier de vous voir trembler sous la menace qui plane sur votre tête, savourant d’avance la sanction sans appel de la justice expéditive du copinage qui ne laisse aucune défense à l’accusé.

Et enfin sur les supports individualistes comme un blog, il est toujours possible de bricoler quelques faux documents pour menacer l’admin de procès au cul, sachant qu’il a autre chose à foutre que de chercher à comprendre il atomisera le contenu à risque sans autre forme de procès.

Le fan vous a fait chier et il est bien content. C’est bien fait, t’avais pas qu’à critiquer.

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